A la découverte du Mystère
chez René Magritte
ou
DES CLEFS POUR CES ENIGMES DU 20 ème SIECLE QUE
SONT LES PEINTURES DE MAGRITTE

"
Magritte est un peintre et n'est pas un peintre",
a pu écrire Scutenaire.
Pourquoi ?
Parce qu'il déconstruit nos représentations les plus familières et les images que l'on
s'en fait. Cette déconstruction a été et est l'objet de nombreuses analyses. Mais ce
genre d'approche manque , à notre avis, l'intuition majeure du travail de Magritte.Son
intuition n'est pas de déconstruire, mais de construire un autre rapport à la réalité.
Dans cet autre rapport, l'image introduit au respect des êtres et des choses. Ce rapport
réside dans une juste distance où la source du plaisir est plus dans la contemplation
que dans la possession ou la consommation . De ce point de vue, l'oeuvre de Magritte a une
portée subversive , encore bien inouïe jusqu'à présent.
A notre avis, les toiles de Magritte sont interprétables.
Entendez que chacune d'entre elles a un sens qui lui est propre et qui peut être
explicité.Tenir cette proposition n'exclut pas la possibilité d'une théorie générale
sur la peinture de Magritte, comme celle de René Jongen, par exemple.
En fait, ce qui a toujours rendu périlleux l'interprétation de toiles de René Magritte,
c'est une série d'éléments que nous citerons rapidement :
1. Tout d'abord, ce sont les peintures elles-mêmes qui offrent une résistance à
l'analyse : elles sont déroutantes et conduisent soit à la fascination, soit à la
théorisation sur le thème :"l'image n'est pas la réalité".
2. Ensuite, Magritte a élaboré tout un discours sur son oeuvre : ce sont les Ecrits . Le
principal effet de ce discours est précisément de renforcer la mise à distance de toute
tentative d'interprétation des toiles : elles seraient au-delà de toute interprétation.
3. Et puis, il y a l'abondance des commentaires sur les images de Magritte. Cette
abondance finit par être un autre obstacle majeur à une interprétation des toiles de
Magritte. Paradoxalement, cette abondance de littérature magrittienne est un effet des
textes mêmes du peintre. L'importance des Ecrits a en quelque sorte rendu légitime toute
une glose sur l'Oeuvre elle-même, consacrant d'une certaine manière le
Mystère-Magritte.
4. Enfin, à supposer qu'une interprétation soit possible, comment la présenter après
tous les interdits ou/et toutes les sophistications auxquels l'Oeuvre a donné lieu ? Une
interprétation ne pourra apparaître acceptable que si elle a une certaine degré de
technicité.
Ce qui nous permet de reposer le problème de l'interprétation des peintures de Magritte,
c'est entre autre une série de 5 études rédigées en 1992 sur les Ecrits de Magritte réunis par André Blavier en 1979.
La première s'intitule : Magritte et la question du choc
émotif .
Echo à propos de ces études,
L'avis d'André Blavier dans un texte de 1996 inititulé"A propos de la réédition des Ecrits de René Magritte":
"Dans un travail intéressant, parfois innovant, encore inédit, Bernard Spée recourt lui à la notion du "Sublime".Du sublime successivement approché via Hegel, Kant et Burke. Après avoir supposé que Magritte, rejettant sèchement toute interprétation (la trouvant trop facile selon lui), se réserve en quelque sorte le soin d'"éclairer" lui-même en embrouillant parce qu'il voudrait en fait préserver le secret de son inspiration, de sa façon intime de sentir et de penser. Le Sublime (?) qui nous laisse sans voix, par la terreur ou l'enchantement pareillement écrasants"
in Revue Textyles n°13 1996 p.176 .
Texte consultable sur le site: www.textyles.be
Sur ce site, seront bientôt disponibles partiellement ces cinq études sur les Ecrits de
René Magritte et pour suivre, une série d'interprétations de ses peintures
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